LANGUIDIC 19 11 2006
Aujourd’hui, le rendez-vous est toujours Place Glotin mais un peu plus tardif car nous n’allons pas loin. Cependant beaucoup d’entre nous ne connaissaient de Languidic que le clocher très pointu qui fut étêté à la suite d’une manœuvre douteuse de couvreurs pressés ! Très vite nous arrivons et rencontrons notre guide, M. Louis Conan : écrivain en langue bretonne. Notre 1ère visite sera la chapelle de Kernec des XVème, XVIème siècles, cette chapelle est dédiée à ND de Becquerel ou Bécherel. Elle fut, nous dit notre guide, construite par les Korrigans ! A l’intérieur, on peut voir une belle poutre de gloire et un St Michel terrassant le dragon. Plus loin, se trouve la fontaine qui guérit les maux de bouche. Au coin, une stèle de l’Age du Fer devait indiquer un cimetière. Environ 500 stèles de cette période ont été répertoriées dans le Morbihan, beaucoup furent christianisées.
Tranquillement, sous le soleil, en cheminant, nous nous rendons à la motte castrale de Kernec qui domine un affluent du Blavet, elle a 40 mètres de diamètre et l’on devine des restes de construction. Il y fut trouvé des pièces à l’effigie de Conan III (1095- 1148). On raconte qu’à l’occasion de la nouvelle année, les gens des environs venaient jeter leurs coquilles d’huîtres dans le puits et que ce geste leur portait bonheur ! Le car nous emmène jusqu’au village de St Donatien où se trouve la chapelle dédiée à ce saint. En arrivant, ce n’est pas tant la chapelle qui retient notre attention, pour l’instant , que l’if imposant à l’intérieur duquel a poussé un houx de belle taille également. Entrons dans la chapelle, St Donatien et St Patern nous y attendent, les deux statues sont classées MH, ainsi qu’un Christ aux outrages. On dit qu’il est recommandé de prier St Donatien pour que le beau temps se maintienne, il se maintient, la bonne humeur règne au sein du groupe comme à l’accoutumée, mais certains sont particulièrement en verve ce matin, voyez plutôt : devant St Patern, sérieux, le visage grave, l’un d’eux s’est exclamé : « c’est un paternoster ! » (Prononcer à voix haute). Faisant le tour de la chapelle, nous admirons une niche du XVIème à pilastres. Quittant St Donatien, nous nous dirigeons vers les alignements de Kersolan, on les appelle aussi de St Cornély comme à Carnac, trois lignes de menhirs les constituent, la ligne centrale est la mieux conservée. Suivant la ligne des menhirs qui ne dépassent pas 1m75 de hauteur, la plupart en granit certains en quartz, nous arrivons dans une clairière où depuis 30 ans, au mois d’Août se déroule la fête des gaulois de la région, il en reste ! On devine sur ce terrain, 2 tertres qui sont probablement des tumulus funéraires. L’heure du repas approche et nous nous dirigeons vers Pont-Augan ; au rendez-vous des pêcheurs, le restaurant nous propose Terrine de St Jacques Alors que nous déjeunons, les cormorans déploient leurs ailes sur les arbres, au bord du Blavet. Il est temps de repartir car nous avons d’autres visites. Lambézégan : un village aux très belles maisons anciennes où Mme Perron nous montre la maison de sa grand-mère et la chapelle ND de Grâces où elle venait au pardon du 15 Août. Nous ne visiterons pas la maison mais la chapelle. Sur une pierre d’angle, on peut lire : « Philippe Pror 1642 » et 1649 sur un linteau, l’autel qui attire notre attention est en réalité un monolithe découvert au village de Lann Menhir, il y a quelques années. De là, nous allons au château de la Forest que M. de Gail nous fera visiter. Le château que nous voyons date de la fin du XVIIème, début du XVIIIème, restauré au XIXème. Au Moyen-âge, il y eut une autre demeure, sur ce site, on prétend que cette ancienne seigneurie aurait appartenu à Jean Ier (1237 1286), Duc de Bretagne. Elle possédait le droit de haute, moyenne et basse justice. L’ancien château fut propriété des familles La Forest vers1400, Kermarvan vers 1538, François La Pierre, Sieur de la Salle et conseiller du roi de France en 1687. A cette époque fut construit le nouveau château qui fut la propriété des Le Borgne de Kermorvan en 1722, puis Kerret en 1798. Cette famille était originaire de Morlaix. Notre guide qui a passé une partie de ses vacances dans cette demeure, nous raconte que tous les mardis on y faisait le pain et tous les vendredis les crêpes. Pendant la guerre, une partie des Archives de la Marine ont été conservées, sous un tas de blé ! Aujourd’hui, c’est un cousin de notre guide qui en est le propriétaire. Nous apprenons aussi que l’arrière-grand-père de M. de Gail qui était un géant, appelé l’Ours, fit naufrage sur un rocher qui, depuis porte son nom. Il nous raconte aussi comment le fils du meunier de Traon-Kerret épousa l’héritière du manoir. Ce garçon était très malin et il réussit à se faire traiter de menteur et de coquin par le seigneur du manoir de Val-Kerret, celui-ci avait promis de donner sa fille en mariage à qui lui fera dire :" Tu n’es qu’un menteur " Le seigneur n’avait qu’une parole, il donna sa fille en mariage au fils du meunier. J'espère qu’ils furent heureux tous les deux. Les Kerret ont deux jolies devises : l’une en breton « Tevel hag ober » : se taire et agir, l’autre en latin : « Fortis ut leo, mitis ut colomba » :fort comme un lion, doux comme une colombe. Cette devise rappelle les armoiries « d’or au lion de sable à la cotice de gueules brochant ». Dessin du blason: Loïc Le Dréan
Blasonnement: Écartelé au 1 et 4, d'or au lion morné de sable à la cotice de gueules brochant, qui est Kerret Au 2 et 3, d'argent à deux pigeons affrontés d'azur, becquetant un coeur de gueules qui est du Val. Devise: Tavel Hag Aber / Se taire et agir Le soleil décline, la nuit va bientôt arriver, c’est l’heure du retour. Encore une belle journée ! Bonnes Fêtes de fin d’année. A l’année prochaine. |
| J.M. |


