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BATZ

24 juin 2007
Loïc Le Bail

 

Photos LLB

     Je ne pensais déjà plus à cette excursion sur l’île de Batz quand un coup de fil provenant du secrétariat de la Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient me proposa de prendre la place d’une personne s’étant désistée. Ce dimanche 24 juin, il me faut 25 minutes de pédalage pour rallier la place Glotin à Lorient en venant du quartier du « Géant » Lanester. J’accepte l’offre de Claude Le Colleter de ranger le vélo dans le coffre de son 4x4. A peine le temps de saluer les quelques personnes connues et le bus est là pour un embarquement rapide suivi d’un départ à l’heure prévue : 7h30.

    Si à Lorient, le temps est couvert mais sec, cela se gâte dès que l’on passe Plouay : les vitres du bus se couvrent de gouttes...pas de doute c’est bien de la pluie ! Ma charmante voisine de siège me parle de concerts de musique vocale, Claude Chrestien fait quelques annonces, si bien que le Huelgoat, ou la bruine réduit la visibilité, est atteint sans que l’on s’en aperçoive. J’ai un petit espoir que la météo soit meilleure de l’autre côté des Monts d’Arrée, mais ce n’est pas le cas : nous descendons le versant nord sous pluie soutenue.Batz Le petit port

    A Roscoff, la marée basse interdit l’accès du port aux vedettes. Aussitôt quitté le bus il nous faut rejoindre un quai éloigné de 550 mètres par une passerelle en plein air. Par beau temps, cela aurait été un plaisir mais avec ce vent et cette pluie, c’est l’occasion de se rendre compte que nos tenues ne sont pas adaptées à la situation : personne n’a plus un poil de sec dans la cabine du bateau !

   Sur l’île, la météo est aussi adverse que sur le continent : les promenades prévues sont abandonnées au profit de la salle polyvalente du bourg que nous rejoignons à pied en essayant de ne pas décimer la population d’escargots. Les mouettes continuent de se moquer de nous pendant que nous essayons vainement de trouver un abri le temps que le maire de l’île vienne ouvrir la porte de la salle Ker-Anna car l’employé qui devait s’en occuper avait oublié de le faire, perturbé par des évènements familiaux. Une fois installés au sec, le moral revient, les casse-croûte sont déballés et dégustés. Du vin et des olives circulent de table en table, un musicien accompagne Claude à l’accordéon si bien que certains osent quelques tours de danse. Je suis le seul apparemment à avoir apporté une boisson chaude, un mélange de thé vert et de rooibos qui plait assez bien, sauf que j’en ai trop peu pour le partager avec tout le monde !

   A l’extérieur, quelques trouées percent la couche nuageuse, la pluie faiblit légèrement puis s’arrête. La salle est remise en ordre en un clin d’œil, nos vêtements presque secs sont enfilés de nouveau.

   En prenant le circuit pédestre Est qui mène au jardin botanique, nous percevons déjà mieux la beauté de l’île. Les Hortensias et les Agapanthes égayent chaque jardin devant les maisons de pierre rehaussées de volets colorés. Les ruines de la chapelle Sainte Anne sont aperçues à gauche avant d’arriver à la pointe défendue autrefois par deux canons dont il ne reste que la butte et le magasin à poudre. Le temps d’admirer la vue sur Roscoff avec ses innombrables ilôts et c’est l’heure d’ouverture du jardin colonial de Georges Delaselle.
Batz Maison de pierre    Batz Agapanthes et hortansias
        Jardin est un petit mot pour définir cette jungle de plus de 1500 espèces de plantes provenant du monde entier. Un mélange floral et iodé parfume pelouses et terrasses garnies de spécimen tropicaux aussi étranges que colorés. Les « médicinales » telles que la Belladone, la Valériane et le Datura ou bien ce cactus brésilien dont la fleur ne vit que 10 heures, sont si captivants que l’on s’aperçoit à peine du retour de la pluie…

   Vers 16 heures tout le monde est regroupé sous l’abri de l’embarcadère. Aussitôt à bord de la vedette pour le tour de l’île, le ton est donné par le sympathique « barreur conteur »: il nous explique non sans humour que les épaves sont aussi nombreuses que les roches dont certaines portent le nom du navire coulé après les avoir heurtées ! Il y a même eu un voilier nordique dont l’équipage s’est enfui après le naufrage et dont le contenu fut rapidement mis au sec pour ne pas dire mis à sac par les habitants de l’île…qui utilisèrent pendant des années les sachets récupérés pour faire de la tisane ! Le passé naufrageur des îliens est cependant racheté par les exploits des sauveteurs dont nous apercevons sur la côte les édifices abritant les canots autrefois à rames tenues par les agriculteurs de l’époque. Ces gens qui récoltaient le goémon à la force des bras faisaient aussi d’excellents rameurs ! Les goémoniers actuels en ramassent encore des centaines de tonnes…mais au moteur !

Notre capitaine connaît la côte comme sa poche, habitué tout gamin à plonger dans ces eaux dont le marnage atteint 9 mètres. Il a vu les cormorans nager mieux que les poissons sous la surface à la recherche des lieux et soles dont ils engloutissent leur propre poids chaque jour…si bien que certaines fois ils sont obligés d’attendre d’avoir digéré pour décoller à nouveau! Les coins à homards ou à ormeaux n’ont plus de secret pour lui, il sait heureusement quelles roches peuvent être rasées et celles invisibles qui doivent être contournées.

C’est pourquoi, quand nous abordons le trajet exposé au vent de Noroît, alors que le bateau roule et tangue dans la houle, il lui fait suivre une route incompréhensible pour nous, mais cependant la plus sure. Obligé d’interrompre son commentaire pendant les passages délicats, il ne manque pas de mentionner le plaisir qu’il a eu la veille de naviguer en compagnie de Randy, le dauphin habitué des côtes Bretonnes…

La marée le permettant, notre tour de l’île se termine par un accostage au grand quai abrité dans le port de Roscoff, ce qui nous évite l’usage de la passerelle exposée à la pluie redevenue très forte.

Il est 17h45 lorsque le bus démarre pour un trajet retour aussi pluvieux qu’à l’aller. Même Lorient ruisselle pendant que les dernières impressions et les au revoir sont échangés à la descente de l’autocar. Claude me ramène en voiture, ce que j’apprécie beaucoup, n’ayant pas envie de me refaire tremper en fin d’une si belle journée.

Il faudra recommencer…avec une meilleure météo, bien sur !

Loïc

 
 

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